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Sylvothérapie : comment le bain de forêt agit sur le corps et l’esprit selon la science

Le média francophone Zenvy vient également de consacrer un dossier à la pratique, en s'attachant à distinguer ce que les protocoles scientifiques testent réellement de ce qui relève du folklore.

Loïc Dujardin, Guide en écothérapie et spécialiste des environnements forestiers · mis à jour 04 août 2026

Sylvothérapie : comment le bain de forêt agit sur le corps et l’esprit selon la science

Ce que la forêt fait vraiment au corps

Selon un article publié récemment par Harvard Health Publishing, le bain de forêt — ou shinrin-yoku — continue de retenir l'attention de la recherche en santé pour ses effets mesurables sur le stress et le système cardiovasculaire. Le média francophone Zenvy vient également de consacrer un dossier à la pratique, en s'attachant à distinguer ce que les protocoles scientifiques testent réellement de ce qui relève du folklore. Pour qui accompagne des personnes sur le terrain, cette clarification tombe à pic: elle replace la marche lente en forêt là où elle a toujours été le plus utile — du côté du corps, pas du rite.

Le protocole sobre derrière le mot

Le terme shinrin-yoku a été proposé en 1982 par le ministère japonais de l'Agriculture et des Forêts. Quarante ans plus tard, les études de référence — notamment celles de Yoshifumi Miyazaki et Bum-Jin Park, qui ont comparé vingt-quatre forêts à vingt-quatre environnements urbains — décrivent un déroulé étonnamment simple: marcher quinze à vingt minutes en sous-bois, puis rester assis quinze à vingt minutes à regarder le paysage. Pas de performance, pas de distance à boucler.

Ce qui fait le travail, ce sont les canaux sensoriels. La lumière filtrée par la canopée, les sons irréguliers qui n'exigent rien de l'attention, l'odeur d'humus, la texture du sol sous les pieds. Les mesures relèvent une pression artérielle plus basse, un pouls ralenti et un taux de cortisol salivaire diminué chez les marcheurs en forêt par rapport à leurs homologues urbains. Le mécanisme ressemble à celui d'une pratique de contemplation: on ne demande rien au mental, on lui donne une matière à écouter.

Ce qui ne relève pas du protocole

Zenvy souligne un point utile pour les accompagnants: aucun des protocoles publiés ne repose sur le fait d'enlacer un tronc. Poser son dos contre une écorce n'a rien de nocif, mais ce geste n'est pas ce qui est testé dans la littérature. De même, les récits de transferts d'énergie, d'arbres « donneurs » et « preneurs », ou de recharges vibratoires, n'apparaissent dans aucune étude. Ce n'est pas dire qu'ils sont faux — c'est dire qu'on n'en sait rien, et qu'il devient risqué de les présenter comme des bénéfices de la sylvothérapie.

Pour qui guide des séances, la leçon est pratico-pratique: laisser la forêt faire son travail sensoriel, ralentir le rythme, observer ce que le corps relâche — souffle, mâchoire, épaules — avant de chercher ailleurs. L'effet est réel, modeste, documenté, et plus fragile que ne le laissent croire les articles enthousiastes. C'est précisément pour cela qu'il mérite d'être posé avec précision.