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Pleine conscience et tai-chi : des alliés pour apaiser les séquelles après un cancer

D'après les résultats de l'étude MATCH relayés par Medical Xpress, plus de 500 survivants du cancer ont constaté un soulagement notable de la fatigue, des douleurs persistantes et des troubles du…

Solène Giraud, Sophrologue clinicienne et formatrice en prévention de l'épuisement · mis à jour 17 septembre 2026

Pleine conscience et tai-chi : des alliés pour apaiser les séquelles après un cancer

D'après les résultats de l'étude MATCH relayés par Medical Xpress, plus de 500 survivants du cancer ont constaté un soulagement notable de la fatigue, des douleurs persistantes et des troubles du sommeil après avoir pratiqué la pleine conscience ou le tai chi. Cette recherche, publiée dans le Journal of Clinical Oncology, éclaire d'une lumière nouvelle l'après-soin: quand la maladie recule, le corps, lui, porte encore longtemps ses marques. Et c'est précisément là que les pratiques corps-esprit trouvent leur juste place, comme un retour à soi en douceur.

Quand le souffle et le mouvement rejoignent l'après-traitement

Menée conjointement par l'Université de Calgary, l'Université de Toronto et le réseau Mass General Brigham de Boston, l'étude a comparé deux approches à une liste d'attente: la récupération par la pleine conscience (MBCR), qui associe méditation, techniques respiratoires, étirements doux et cercles de partage, et le tai chi/qigong, où des mouvements lents et fluides s'accordent à une attention fine portée aux sensations du corps et au souffle. Les participants choisissaient leur voie, ou se voyaient attribuer une pratique. Au fil des semaines, les chercheurs ont observé une diminution conjointe de la fatigue, de la douleur — particulièrement dans sa dimension d'envahissement du quotidien — et des troubles du sommeil. Un phénomène remarquable: ces trois symptômes semblaient s'entraîner les uns les autres, comme si le corps retrouvait un seul et même équilibre.

Linda E. Carlson, professeure à l'Université de Calgary et chercheuse principale, rappelle que l'expérience du cancer ne s'arrête pas à la dernière séance de traitement: « De plus en plus de personnes survivent au cancer à long terme, mais elles luttent souvent contre des effets secondaires durables qu'il est difficile de gérer. » Peter Wayne, directeur du Centre Osher pour la santé intégrative au Mass General Brigham, souligne de son côté la valeur d'une approche globale du survivant, où l'on apprend à mieux habiter la douleur existante plutôt qu'à la combattre de front.

Trois pistes concrètes à explorer avec votre corps

Si vous traversez, ou accompagnez quelqu'un qui traverse, cette période d'après-traitement, quelques repères simples peuvent vous aider à vous orienter, sans rien brusquer.

D'abord, observez votre souffle avant toute chose. Quand la fatigue s'installe, c'est souvent que la respiration est devenue haute et courte, presque en apnée. Quelques minutes de respiration ventrale lente, deux ou trois fois par jour, suffisent parfois à desserrer l'étau. Ensuite, invitez le mouvement lent, sans exigence de performance: un tai chi adapté, des étirements très doux, ou simplement une marche consciente dans un espace naturel. Enfin, accordez-vous une vraie place pour le repos, sans culpabilité, en distinguant le sommeil récupérateur de l'épuisement qui gronde en silence.

Ces pratiques ne remplacent pas un suivi médical, mais elles peuvent devenir, comme le suggère l'étude, un chemin de retour vers un équilibre que les traitements ont parfois malmené. Peut-être est-ce là, dans cette patience retrouvée, que la convalescence commence vraiment.