S'ancrer par la sophrologie et la forêt.
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Le bain de forêt : pourquoi cette pratique japonaise séduit la médecine américaine

Katrin Ramsey, professeure agrégée en physiothérapie au Russell Sage College et certifiée en médecine du mode de vie, résume cette idée auprès de WRGB: il faudrait, selon elle, « prendre du recul…

Loïc Dujardin, Guide en écothérapie et spécialiste des environnements forestiers · mis à jour 15 septembre 2026

Le bain de forêt : pourquoi cette pratique japonaise séduit la médecine américaine

Sur les pas lents d'une pratique japonaise vieille de plusieurs décennies, le « bain de forêt » gagne du terrain aux États-Unis, où des chercheurs commencent à en chiffrer les effets sur la santé, rapporte la rédaction de CBS6 Albany.

Une lenteur qui parle au corps

Deux hypothèses se croisent dans la littérature scientifique évoquée par la chaîne américaine. La première, microbiologique, suggère que les composés volatils que dégagent les arbres — les phytoncides que tout sylvothérapeute connaît — interagiraient avec notre microbiote intestinal. La seconde, cognitive, s'appuie sur ce que les chercheurs nomment la « théorie de la restauration de l'attention »: à force de concentration dirigée, d'écrans, de notifications, le cerveau réclamerait des phases parasympathiques, plus diffuses, plus imaginatives. Katrin Ramsey, professeure agrégée en physiothérapie au Russell Sage College et certifiée en médecine du mode de vie, résume cette idée auprès de WRGB: il faudrait, selon elle, « prendre du recul vers un état plus détendu, imaginatif, parasympathique ».

La nature comme septième pilier

Plus structurel encore, la chercheuse évoque une piste de fond: la nature serait en passe de devenir un septième pilier de la médecine du mode de vie, aux côtés de la nutrition, de l'activité physique, du sommeil, du lien social, de l'évitement des substances à risque et de la gestion du stress. Un projet de recherche qu'elle encadre a d'ailleurs utilisé une application pour mesurer le temps passé dehors par ses étudiants et son effet sur leur niveau de stress. Bilan transmis par la source: « le dispositif fonctionne très bien, et les étudiants n'en font jamais assez ».

Combien de temps, et où

Les recommandations chiffrées varient selon les autorités. L'Agence américaine de protection de l'environnement avance deux heures en nature par semaine, tandis que d'autres experts cités dans l'article situent le « sweet spot » entre trois et cinq heures hebdomadaires pour agir sur la tension artérielle, l'anxiété, la dépression et la longévité. Le lieu compte également: les milieux ruraux, plus éloignés du bruit de fond urbain, offriraient de meilleurs résultats. À défaut, rappelle Ramsey, « on peut simplement aller s'asseoir sur un banc et prendre un moment », ou introduire un peu de nature chez soi avec une plante d'intérieur.

Ce que cela change pour la pratique

Pour qui pratique déjà la sophrologie ou la sylvothérapie, la convergence est nette: l'effet ne tient pas à l'intensité physique. Marcher lentement, s'arrêter sur la texture d'une écorce, observer la canopée, respirer à fond dans un sous-bois relève du même registre sensoriel qu'une séance cadrée. Trois à cinq heures hebdomadaires, réparties en plusieurs immersions courtes, restent un objectif réaliste. Ce qu'il faudra suivre dans les mois qui viennent: si le statut de « septième pilier » se confirme dans les recommandations institutionnelles, et si les protocoles d'immersion forestière intègrent davantage de mesures objectives du stress et du sommeil.