Anxiété : pourquoi les exercices thérapeutiques surpassent les médicaments
Vous avez probablement déjà cherché à éteindre cette boule au ventre qui vous saisit avant une réunion — et, selon un article de Top Santé publié le 11 septembre 2026, c'est précisément ce piège que…

Vous avez probablement déjà cherché à éteindre cette boule au ventre qui vous saisit avant une réunion — et, selon un article de Top Santé publié le 11 septembre 2026, c'est précisément ce piège que le psychologue clinicien Fernando Azor a décrit dans une vidéo devenue virale sur TikTok: l'alprazolam, vendu en France sous le nom de Trankimazin, peut calmer la crise d'anxiété, mais le « vrai » traitement de l'anxiété se joue ailleurs, dans la répétition d'exercices, en thérapie. Pour notre approche centrée sur le corps et le souffle, ce message résonne comme une évidence que nous portons au quotidien.
Le message qui circule: le comprimé apaise, mais n'enseigne rien
Comme le rappelle le spécialiste, l'alprazolam appartient à la famille des benzodiazépines. Le Vidal, référence du médicament en France, confirme qu'il s'agit d'un anxiolytique à action rapide, réservé à un usage de courte durée et sur prescription médicale. Concrètement, lorsqu'une crise survient, la molécule agit vite: votre cœur ralentit, votre respiration se libère, les pensées catastrophistes s'éloignent. Le soulagement est bien réel, parfois en moins d'une heure.
Fernando Azor insiste pourtant sur un point essentiel: ce rôle de « coupe-feu » chimique n'est pas à diaboliser, surtout quand vous n'arrivez plus du tout à faire face. Il rappelle simplement qu'il n'apprend rien au cerveau sur la façon de tolérer ses propres signaux d'alerte. Pris trop souvent ou trop longtemps, ces traitements exposent aussi à une dépendance, avec un arrêt qui doit rester progressif et médicalement accompagné.
Le piège de la télécommande émotionnelle
Le psychologue pointe un mécanisme très courant: dès que le corps s'emballe, la personne cherche à tout prix à éteindre ce qu'elle ressent. Le comprimé devient alors une sorte de télécommande émotionnelle, dégainée au moindre vertige, palpitation ou boule dans la gorge. Sur le moment, la peur recule, mais le message implicite s'ancre en vous: « je ne peux pas supporter ces sensations ». Le même schéma, souligne-t-il, se met en place lorsque la relaxation, la méditation ou la distraction ne servent que d'échappatoire ponctuelle, sans jamais laisser l'inconfort suffisamment longtemps pour qu'il se transforme.
Ce que le travail corporel peut vous apporter, concrètement
C'est précisément là que la sophrologie prend tout son sens. On ne cherche pas à supprimer la sensation, mais à en changer le rapport: accueillir la tension dans la mâchoire, sentir le poids du bassin, laisser votre souffle s'allonger à l'expiration. Ces gestes, répétés séance après séance, réapprennent à votre système nerveux qu'il peut revenir au calme par lui-même.
L'idée n'est pas de remplacer un traitement médical — l'anxiété sévère relève d'un suivi psychiatrique — mais de vous offrir, au quotidien, des outils qui redonnent confiance dans votre propre capacité à traverser une crise. Quelques minutes de cohérence cardiaque, une marche attentive en forêt, un scan corporel allongé: ce sont bien des « exercices » au sens où l'entend le psychologue, et c'est souvent ce qui fait la différence, sur la durée, entre subir l'anxiété et apprendre à cheminer avec elle.


