Acouphènes chroniques : comprendre les nouvelles recommandations de la HAS
Selon Medscape, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations sur la prise en charge des acouphènes chroniques.

Elles précisent que les approches corporelles, parmi lesquelles la sophrologie, ne sont pas recommandées en première intention. Pour les personnes qui vivent avec un sifflement, un bourdonnement ou une sensation sonore persistante, cette nuance mérite d’être entendue sans jugement: elle ne réduit pas la sophrologie à l’inaction, mais rappelle la place que les recommandations lui attribuent dans ce contexte précis.
Une formulation à lire avec précision
Lorsqu’un bruit intérieur revient jour après jour, il peut occuper tout l’espace disponible: le silence du soir devient difficile à accueillir, l’attention se resserre autour de la sensation, et le corps peut rester en tension. Dans cette situation, il est compréhensible de chercher rapidement une méthode qui apporte du relâchement, un meilleur ancrage ou une respiration plus calme.
La recommandation rapportée par Medscape concerne les acouphènes chroniques et la place de certaines approches corporelles dans leur prise en charge. La HAS indique que la sophrologie n’est pas recommandée en première intention. Le terme est important: il ne signifie pas, à lui seul, que toute pratique de respiration ou de détente serait inutile, ni que la sophrologie pourrait être présentée comme une réponse principale aux acouphènes chroniques.
Il s’agit plutôt d’un repère de parcours. Pour vous, cela invite à ne pas confondre une démarche de soutien du vécu corporel avec la prise en charge de référence d’un symptôme persistant. Une séance peut aider à observer les tensions, à retrouver un souffle moins saccadé ou à remettre un peu de distance avec l’inconfort; cela ne suffit pas à transformer cette approche en traitement de première intention.
Ce que cela change pour une pratique de sophrologie
Dans notre domaine, la prudence consiste à accueillir l’expérience sans promettre davantage que ce que l’on peut raisonnablement soutenir. Avec des acouphènes chroniques, une approche sophrologique peut donc être présentée autour du confort ressenti, de l’écoute du corps et de l’apaisement, sans annoncer qu’elle ferait disparaître le bruit ni qu’elle traiterait directement sa cause.
Cette distinction protège aussi la personne accompagnée. Elle évite de lui faire porter la responsabilité d’un résultat qui ne dépendrait que de sa respiration, de sa capacité à se détendre ou de sa régularité. Si le son reste présent malgré les exercices, cela ne signifie pas qu’elle « respire mal » ou qu’elle ne lâche pas suffisamment prise. Le souffle peut devenir un point d’appui; il ne doit pas devenir une nouvelle source de pression.
Dans une séance, le cadre peut rester très simple: s’installer, remarquer les zones de tension, laisser l’expiration s’allonger légèrement si cela est confortable, puis accueillir les sensations sans chercher à les forcer. Cette orientation décrit une expérience de régulation et d’attention, pas une recommandation de première intention de la HAS. La frontière entre les deux doit rester claire, surtout dans un sujet aussi sensible.
Le bon réflexe après cette annonce
La nouvelle recommandation rapportée par Medscape conduit d’abord à vérifier la place donnée à chaque approche. La sophrologie peut être envisagée comme une pratique corporelle de soutien du vécu, mais elle ne doit pas être présentée comme le premier recours recommandé pour les acouphènes chroniques.
Pour le lecteur, le point essentiel est donc de rester attentif aux formulations employées par les professionnels: méfiez-vous des promesses de disparition, des résultats garantis ou des discours qui vous renverraient toute la responsabilité de l’évolution du symptôme. Un accompagnement sérieux peut parler de détente, d’ancrage et d’accueil, tout en reconnaissant ses limites.
Cette mise au point n’enlève rien à la réalité de ce que vous ressentez. Elle invite simplement à avancer avec davantage de clarté, sans opposer l’écoute médicale et le soutien corporel, et sans demander à une seule méthode de répondre à toute la complexité d’un acouphène chronique.
