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Sylvothérapie : l'Université de Guadalajara lance son diplôme dédié aux bains de forêt

L'Université de Guadalajara vient d'ouvrir les inscriptions à son second diplôme en Forest Bathing, une formation universitaire qui entend faire le pont entre santé publique et conservation des écosystèmes.

Loïc Dujardin, Guide en écothérapie et spécialiste des environnements forestiers · mis à jour 07 septembre 2026

Sylvothérapie : l'Université de Guadalajara lance son diplôme dédié aux bains de forêt

Piloté par le Centre universitaire des sciences biologiques et agronomes (CUCBA) et appuyé par des intervenants de sept pays, le programme répond à un constat désormais documenté par la recherche internationale: l'exposition consciente aux milieux forestiers produit des effets physiologiques mesurables.

Le constat: une déconnexion devenue problème de santé publique

Le secrétaire académique du CUCBA, le Dr César Ruvalcaba Gómez, pose un diagnostic que partagent de nombreux chercheurs européens: urbanisation rapide et saturation numérique nous maintiennent éloignés des écosystèmes dont nous dépendons, et cette distance se traduit déjà en stress chronique, en troubles du sommeil et en santé mentale dégradée. Sa position est sans ambiguïté — la sylvothérapie n'est pas un effet de mode mais une intervention documentée depuis trois décennies: baisse du cortisol, réduction de la tension artérielle, amélioration du repos. En l'ancrant dans un cursus universitaire, on lui confère un statut nouveau: celui d'outil de santé publique structuré, et non de simple discipline de bien-être.

Ce qu'une immersion guidée implique vraiment

Pour la Dr Guadalupe Garibay Chávez, chercheuse en santé environnementale et développement durable, la formation cible les professionnels de l'écotourisme, de la santé et de l'éducation à l'environnement. Les activités se déroulent en forêt et en parc, et combinent marches guidées et exercices sensoriels mobilisant les cinq sens. C'est ici un point à entendre sans confusion: la sylvothérapie ne se réduit pas à la contemplation passive d'un sous-bois. Elle repose sur une séquence structurée de stimuli — texture des écorces, odeur de l'humus, strates sonores de la canopée, lumière filtrée — pensés pour provoquer une réponse physiologique mesurable. Le diplôme entend transmettre cette rigueur méthodologique à des praticiens capables de l'encadrer sur le terrain. La professeure Ana Luisa Santiago Pérez, du département de production forestière, ajoute une dimension constitutive: l'expérience sensorielle est la première étape de la protection des écosystèmes. On ne défend durablement que ce qu'on apprend à percevoir et à ressentir. Là où la plupart des cursus occidentaux traitent la conservation comme un prolongement éthique, Guadalajara en fait un pilier à parité avec la santé publique, incluant l'évaluation des valeurs thérapeutiques des aires naturelles protégées.

Ce qu'il y a lieu de suivre côté européen

Pour qui guide déjà des immersions ou envisage de se former, l'initiative mexicaine confirme un mouvement de fond: l'institutionnalisation de la sylvothérapie. Trois points méritent d'être suivis dans les mois qui viennent. Les protocoles d'évaluation utilisés par ce diplôme seront-ils publiés, permettant une comparaison avec les pratiques de terrain déjà à l'œuvre? Un cadre d'accréditation européen verra-t-il le jour, à l'image de ce qui se structure côté Amérique latine? Et surtout, comment les futurs programmes intégreront-ils la double compétence santé et conservation sans tomber dans le greenwashing thérapeutique? Pour l'instant, le diplôme du CUCBA pose un jalon: celui d'une sylvothérapie qui refuse de choisir entre soin de l'individu et soin du milieu.