S'ancrer par la sophrologie et la forêt.
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Hyères : quand la sylvothérapie intègre les protocoles de soins hospitaliers

ouvre sa porte à la forêt. À Hyères, l'association Provence Sylva et l'Hôpital Léon Bérard unissent leurs compétences pour organiser le colloque « Santé & Forêt », consacré à l'intégration de la…

Loïc Dujardin, Guide en écothérapie et spécialiste des environnements forestiers · mis à jour 13 septembre 2026

Hyères : quand la sylvothérapie intègre les protocoles de soins hospitaliers

ouvre sa porte à la forêt. À Hyères, l'association Provence Sylva et l'Hôpital Léon Bérard unissent leurs compétences pour organiser le colloque « Santé & Forêt », consacré à l'intégration de la sylvothérapie et des bains de forêt dans les protocoles de soins, en particulier pour les patients touchés par des maladies chroniques. Pour notre lectorat, ce n'est pas un symbole — c'est le signe qu'un certain rapport au vivant commence à peser dans les décisions thérapeutiques, là où la vulnérabilité du corps se donne à voir chaque jour.

Le sous-bois entre dans les protocoles de soins

L'idée-force du colloque tient en peu de mots: faire dialoguer des soignants et des spécialistes du milieu forestier. D'un côté, une équipe hospitalière confrontée à la fatigue, à l'anxiété et aux effets secondaires des traitements lourds. De l'autre, des praticiens qui connaissent, par l'expérience du terrain, l'effet apaisant d'une marche lente sous la canopée, l'odeur de l'humus après la pluie, la respiration qui s'allonge dès qu'on s'éloigne du bitume. Réunir ces deux expertises, c'est admettre que la convalescence ne se joue pas uniquement dans le flacon — elle se joue aussi dans la capacité du patient à retrouver une qualité d'attention, un sommeil qui revient, un appétit de vivre que les traitements seuls ne suffisent pas à restaurer.

Ce qui se joue sous la canopée

Pourquoi le sous-bois, précisément? Ce n'est ni une mode ni un retour nostalgique au naturel. C'est un constat devenu difficile à ignorer: les patients chroniques vivent souvent coupés des stimuli sensoriels les plus élémentaires — variation de lumière, contact du sol, odeur des résineux, bruissement de la ramure. Or ces stimuli, dosés par un accompagnement compétent, modulent la respiration, le tonus vagal, la perception de la douleur. La sylvothérapie bien conduite ne remplace rien; elle prépare, apaise, ancre. Elle offre au corps une fenêtre de récupération que le protocole seul ne suffit pas toujours à ouvrir.

Un mouvement qui déborde les frontières

Cette ouverture n'a rien d'un cas isolé. Du côté du Réseau de l'Arc, en Suisse, une nouvelle offre de soins de support propose aux patients plusieurs approches complémentaires — sophrologie, aquagym, aromathérapie, psychomotricité, soins socio-esthétiques — gratuites, encadrées par des professionnels formés, sur les sites de St-Imier, Tavannes et Moutier. Selon la responsable opérationnelle VIVA, Isabel Vidinha, il ne s'agit pas de remplacer les traitements médicaux mais de les compléter en considérant l'environnement, la famille, le travail, tout ce qui entoure la personne au-delà du diagnostic. La Fondation Genolier prend par ailleurs en charge les thérapies lorsque les assurances maladie ne couvrent pas les frais. Deux dispositifs, deux pays, une même intuition: le soin complet dépasse la seule intervention pharmacologique. Pour qui accompagne déjà des publics fragilisés ou s'intéresse à l'écothérapie appliquée, l'enjeu des prochains mois sera d'observer comment ce type de rencontre se traduit — ou non — en protocoles diffusables, sans jamais transformer la forêt en gadget thérapeutique.