Thérapie forestière : quel impact réel sur les symptômes dépressifs ?
Selon Dove Medical Press, une revue systématique et méta-analyse de 18 essais randomisés, réunissant 2 169 participants, associe les interventions de thérapie forestière à une réduction significative…

La thérapie forestière associée à une réduction des symptômes dépressifs, selon une méta-analyse
Selon Dove Medical Press, une revue systématique et méta-analyse de 18 essais randomisés, réunissant 2 169 participants, associe les interventions de thérapie forestière à une réduction significative des symptômes dépressifs. Pour notre pratique, cette publication apporte un signal encourageant: l’immersion en forêt pourrait constituer un soutien non médicamenteux intéressant, mais elle ne permet pas encore de définir une méthode unique ni une durée idéale.
La nuance est essentielle, surtout lorsqu’il est question de santé mentale. Les auteurs signalent une forte hétérogénéité entre les études, un possible biais de publication et un manque de suivi à long terme. Autrement dit, les résultats vont dans une direction positive, mais ils demandent encore à être consolidés.
Un signal favorable, mais pas une recette universelle
La méta-analyse rassemble des recherches qui n’ont pas toutes employé le même type d’intervention, ni les mêmes modalités d’évaluation. Cette diversité explique en partie la prudence des auteurs: lorsque les protocoles varient beaucoup, il devient plus difficile de savoir ce qui produit précisément l’effet observé — le temps passé dans un environnement forestier, la marche, l’attention portée aux sensations, l’accompagnement, ou l’ensemble de ces éléments.
L’analyse indique que les interventions guidées comme les interventions non guidées étaient associées à une réduction des symptômes dépressifs, sans différence claire d’efficacité entre les deux modalités. Ce résultat peut parler à des profils très différents. Certaines personnes trouvent un appui dans une présence extérieure, une voix qui invite à ralentir et à revenir au souffle; d’autres préfèrent avancer seules, dans un rythme plus intuitif, en accueillant les bruits, les odeurs et les mouvements du corps sans consigne particulière.
Mais il serait excessif d’en déduire que toute promenade en forêt produit automatiquement le même effet. La publication souligne justement la nécessité de protocoles mieux standardisés, d’essais randomisés de plus grande ampleur et d’un suivi prolongé.
Ce que vous pouvez observer lors d’une immersion
Si vous souhaitez explorer cette approche, l’intérêt ne réside pas dans la performance, la distance parcourue ou la recherche d’un état spectaculaire. Vous pouvez commencer par remarquer votre point de départ: respiration courte, mâchoire serrée, boule au ventre, fatigue diffuse, pensées qui se succèdent sans relâche. Cet accueil, sans jugement, permet de ne pas transformer la sortie en nouvelle obligation.
Une fois sur place, accordez-vous quelques instants pour ralentir. Sentez le contact des pieds avec le sol, puis laissez le souffle retrouver son mouvement naturel. Vous pouvez porter votre attention sur trois éléments successifs: les appuis du corps, les sons proches ou lointains, puis les sensations liées à l’air et à la température. Il ne s’agit pas de fabriquer du calme, encore moins de réussir un exercice, mais de créer un espace où les tensions peuvent être perçues avec davantage de douceur.
Cette démarche reste une expérience personnelle, et non la reproduction exacte des protocoles étudiés. La méta-analyse ne permet pas de déterminer quelle forêt, quelle fréquence ou quelle durée serait la plus adaptée. Elle ne permet pas non plus d’identifier avec certitude le mécanisme responsable de l’amélioration observée.
Ce que la recherche doit encore préciser
Le principal point de vigilance concerne l’hétérogénéité élevée entre les études. Les auteurs mentionnent également un possible biais de publication, c’est-à-dire le risque que les résultats favorables soient davantage visibles que les résultats moins concluants. La rareté des comparaisons directes entre les différents modèles de thérapie forestière limite elle aussi la portée des conclusions.
La prochaine étape consistera donc à mieux décrire les interventions, à suivre les participants sur une période plus longue et à adapter les protocoles aux différents contextes régionaux. Pour le lecteur, le message est à la fois simple et mesuré: la forêt apparaît comme une piste sérieuse à observer, particulièrement dans une démarche d’ancrage et de retour aux sensations, mais la science n’a pas encore transformé cette piste en méthode standardisée.
Vous pouvez donc vous y rendre sans pression, avec un souffle disponible et une attention bienveillante à ce qui se passe en vous. La valeur de cette expérience ne se mesure pas à l’intensité du relâchement ressenti, mais à la qualité de l’accueil que vous offrez à votre état du moment.
