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Sophrologie aquatique : quand l'eau chaude favorise un lâcher-prise immédiat

Vous arrivez peut-être à vos séances de sophrologie avec les épaules encore crispées par la journée, et il vous faut dix bonnes minutes avant que le souffle ne trouve enfin son rythme.

Sophrologie aquatique : quand l'eau chaude favorise un lâcher-prise immédiat

Imaginez maintenant glisser dans une eau à 32 degrés, les yeux fermés, le corps entièrement porté par l'eau — et sentir la tension se dissoudre d'elle-même, sans effort, sans injonction. C'est exactement ce que pratique Karine Roussin, sophrologue installée à Saint-Yrieix, qui propose depuis peu ses séances dans sa propre piscine, en petit groupe, du lundi au vendredi.

L'eau, une alliée pour le lâcher-prise

Ce qui ressort du témoignage de Johanna Perron, 30 ans, ancienne élève de sophrologie « terrestre » convertie à la version aquatique, c'est une constatation simple: dans l'eau, le lâcher-prise arrive plus vite. Souffrant d'endométriose et en parcours de PMA, elle décrit un soulagement des douleurs dorsales et abdominales, mais aussi une fatigue qui se transforme en énergie à la fin de la séance. Le son des oiseaux, le silence aquatique, la position d'étoile de mer — « c'est comme si on n'avait plus de corps » — tout concourt à une relaxation profonde, parfois si profonde qu'elle s'endort.

Ce que souligne Karine Roussin, c'est le rôle mécanique de l'eau: elle offre une résistance naturelle qui permet d'amplifier les mouvements, de frapper plus fort pour évacuer certaines émotions, d'onduler sans contrainte. Le mental, lui, se met en retrait. On réfléchit moins, on relâche davantage. C'est précisément ce « moins de mental, plus de ressenti » que beaucoup d'entre vous cherchent en sophrologie — et que l'eau semble faciliter.

Des séances accessibles, avec une adaptation pour les appréhensions

Pour celles et ceux qui auraient une peur de l'eau, Karine Roussin prévoit une approche progressive: tapis de flottaison, foulard pour instaurer un sentiment de sécurité enveloppante, habituation douce. Les séances se déroulent les yeux fermés, accompagnées de musique douce, dans un cadre jardin — l'été, elle accueille 4 à 5 personnes par créneau, à 10 h ou à 18 h le vendredi. Elle se déplace aussi au domicile de clients possédant leur propre bassin. En hiver, elle reprend ses cours à la balnéothérapie de Girac.

Il est aussi rapporté que certaines personnes passent du rire aux larmes, crient sous l'eau ou s'endorment — autant de signes que le corps libère ce qu'il retient, dans un cadre où le jugement est suspendu.

Ce que cette approche nous rappelle sur le corps et la sophrologie

Ce qui est intéressant pour nous, praticiens et personnes en quête de mieux-être, c'est le principe sous-jacent: changer d'environnement pour changer la qualité de la ressenti. La sophrologie classique travaille déjà beaucoup avec la conscience du corps debout ou allongé — mais l'eau ajoute une couche de portage sensoriel, une proprioception différente, qui peut désamorcer certaines tensions profondes que le sol ne relâche pas aussi facilement.

Si vous n'avez pas de piscine chez vous, l'idée reste transposable: un bain chaud, une baignade en eau calme, ou même un exercice de respiration en flottant peuvent ouvrir la porte à ce type de lâcher-prise. L'essentiel n'est pas le lieu, mais la qualité d'attention que vous portez à votre souffle et à votre corps dans l'eau — sans chercher à bien faire, simplement en vous laissant porter.