S'ancrer par la sophrologie et la forêt.
breuilgregory

Immersion en forêt à Ormea : l'art du bain sylvestre dans le Val Tanaro

Comme le rapporte le média italien inItaly, il ne s'agit pas de randonnées performatives mais d'immersions lentes, guidées par un accompagnateur formé, où la respiration et l'écoute du milieu priment…

Loïc Dujardin, Guide en écothérapie et spécialiste des environnements forestiers · mis à jour 13 août 2026

Immersion en forêt à Ormea : l'art du bain sylvestre dans le Val Tanaro

Dans le val Tanaro, là où les châtaigniers reprennent peu à peu leur emprise sur les versants après des décennies d'abandon pastoral, Ormea accueille depuis cet été des séances de bain de forêt directement inspirées du shinrin-yoku japonais. Comme le rapporte le média italien inItaly, il ne s'agit pas de randonnées performatives mais d'immersions lentes, guidées par un accompagnateur formé, où la respiration et l'écoute du milieu priment sur la distance parcourue. Pour qui cherche à renouer avec un rythme saisonnier et à travailler sa posture d'attention, cette offre replace l'écothérapie au cœur du territoire — et confirme que la sylvothérapie n'est plus seulement une tendance urbaine, mais une pratique qui s'ancre désormais dans les vallées alpines.

Une marche qui n'en est pas une

L'approche telle que la décrit inItaly se distingue radicalement du hiking classique. Le pas reste lent, presque chassé, et les arrêts sont fréquents: pauses contemplatives devant une écorce, exercices de respiration en pleine lumière filtrée, explorations sensorielles du sol forestier. On y apprend à percevoir la texture de l'humus sous les semelles, à reconnaître les odeurs de résine et de mousse, à écouter la canopée plutôt qu'à la traverser. La pratique vise explicitement à abaisser le niveau de stress et à soutenir l'équilibre psychophysique — un objectif thérapeutique, et non un simple dépaysement. Cette logique rejoint ce que la sylvothérapie moderne cherche à formaliser: un protocole attentionnel, pas une promenade décorative. Le bain de forêt se vit dans la répétition des micro-stimulis, pas dans la performance.

Ce que cela change pour qui pratique

Pour l'amateur d'écothérapie, l'intérêt dépasse l'expérience ponctuelle. Ces séances fonctionnent comme un entraînement: elles remettent en circulation des schémas attentionnels souvent effacés par le temps d'écran, et réintroduisent le contact avec les phytoncides, l'humidité du sous-bois et la lumière naturelle diffuse. Alta Val Tanaro complète ainsi son offre outdoor traditionnelle — randonnée, via ferrata, ski de fond — par une dimension contemplative qui valorise la lenteur, l'enracinement sensoriel et la présence au corps. Reste à vérifier, pour les futurs participants, la fréquence des sessions, le profil des accompagnateurs et la taille des groupes: trois critères qui déterminent l'efficacité réelle d'une immersion forestière. Car un bain de forêt réussi commence toujours par la qualité du guide qui en fixe le rythme, puis par la capacité du marcheur à lâcher la montre.